La criminalité

Le brigandage est très présent partout sur continent d'Ase. Ceux qui deviennent des hors-la-loi sont généralement les paysans réduits à la misère par la guerre ou la famine, les soudards licenciés après la fin des hostilités ou des serfs révoltés contre leurs seigneurs, qui se réunissent alors en bandes pour vivre de rapine et de pillage. Dans les villes, les hors-la-loi se rassemblent dans des pègres : d'étonnantes organisations, hautement structurées.

Même la Noblesse, qui est normalement chargée de la sécurité et du maintien de l'ordre, détrousse parfois les marchands passant sur leurs terres. Ils profitent de l’autorité et de la force dont ils disposent pour s'exercer au racket et la rapine en toute impunité ; aussi le peuple créa-t-il pour désigner ces soldats le sobriquet de brigands, du nom d'un corselet d'acier, appelé brigandine, don ils sont équipés.

Les termes de brigandage (criminalité plutôt rurale) et de truanderie (plutôt citadine) s'appliquent à la criminalité ordinaire.
Mais, parallèlement, se développe aussi le banditisme. Les bandes sont, en principe, une petite troupe de soldats d'aventure réunis et marchant sous une même bannière. La noblesse entretient de telles bandes soldées qui s’avèrent parfois être des bandits d'une cruauté implacable. En temps de conflit, les mercenaires sont employés par les nobles en manque de soldats. Mais entre deux guerres, ils deviennent alors le fléau des paysans qu'ils pillent et accablent des plus cruelles exactions. A cause de cela, les mercenaires ont très mauvaise réputation et sont un objet de terreur et d'exécration sous les noms significatifs d'aventuriers, ribauds, francs-taupins, mauvais garçons, écorcheurs, fendeurs, mille-diables, etc.

Les soldats mercenaires s'enrôlent bien souvent dans une armée pour ensuite piller et combattre pour leur propre compte. A cause de ses inconvénients, bon nombre de nobles se refusent d’employer les services de tels individus qui entachent l’image de leurs soldats. Les mercenaires sont donc souvent recrutés en cas de dernier recours.

Les routiers est un nom donné à des bandes de paysans que le goût du brigandage rassemblent sous la conduite de chevaliers ou de bâtards de grande maison, formant ainsi des compagnies redoutées, courant les routes et dévastant tout ce qu’ils traversent.

Les aventuriers est un nom donné à des milices qui vendent leurs services au plus offrant, et se composant d'un ramassis de gens sans aveu, d’origines souvent très différentes.

Dans cette ambiance de désordre, des hommes parfois de bonne naissance, vivent également de rapines et de spoliations. Certains jeunes nobles embrassent cette carrière avec enthousiasme. Plusieurs y restent de vulgaires larrons, aussi féroces que rapaces. Quelques-uns jettent un reflet de chevalerie sur leur triste métier.
Mais leur existence, traduit bien une double réalité commune à la plupart des pays d'Ase : d'une part, le brigandage est très répandu, et d'autre part, possède une composante positive dans l'imaginaire populaire. Peut-être l'aura dont on entoure ces dangereux personnages est-il seulement une forme d'exorcisme contre la peur qu'ils inspirent, mais peut-être aussi y voit-on, à tort ou à raison, les incarnations d'une résistance à l'oppression féodale.

En Dark Fantasy, le banditisme revêt un caractère particulier. La notion de légalité, toute présente qu'elle soit, n'est pas perçue comme un repère bien clair; il lui reste à asseoir sa légitimité. Les hors-là-loi et les auxilliaires de la loi s'opposent sans doute à certains moments, mais se confondent aussi très souvent à d'autres.

Mais que font les forces de l’ordre ?
L’on ne conçoit pas l'autorité uniquement sous forme d'un lien personnel entre le souverain et le sujet. Tous les pouvoirs, toutes les attributions sont confondues; en particulier entre les mains des Comtes qui sont à la fois chefs militaires, juges, administrateurs, etc. Ajoutez l'influence du clergé qui groupent autour de ses lieux de culte, près du tombeau des saints, la foule des faibles et des opprimés; puis l'influence des nobles qui, sur leurs terres, s'approprient les pouvoirs de police et de justice. Dans le régime féodal, la confusion est complète, et il n'y peut pas être question d'une police distincte de l'autorité politique et judiciaire, même à titre d'instrument.

Il n'y a pas, à proprement parler, de police royale. Les officiers de la couronne, sénéchaux et prévôts, sont charges de la police en même temps que de tout le reste; ils ont auprès d'eux des agents subalternes, les sergents, qui sont chargés de publier et de faire exécuter leurs ordres. Les populations se plaignent du nombre excessif de sergents royaux et de leurs procédés vexatoires. A Serinalia, où la police est particulièrement difficile (à cause de la grosse population et des conflits continuellement soulevés par les intrigues politiques), existe des milices commandées dans chaque quartier par un quartenier qui exerce certaines fonctions de police pour la sûreté et la tranquillité de la ville.


L'exécuteur des basses oeuvres
Rien en général n'est fixe ni sur les attributions ni sur la permanence de l'office de l'exécuteur. On agit selon les circonstances : parfois on emploie des soldats pour l'exécution des criminels, parfois on a affaire à d'anciens criminels reconvertis, parfois le Comte lui-même se charge d'éxécuter sa sentence !

Chez tous les peuples du contnent d'Ase, le bourreau est considéré comme infâme; il inspire la terreur; on ne lui permet pas d'habiter à l'intérieur des villes. Aussi arrive-t-il que le poste devenant vacant, on est contraint, pour y pourvoir, de grâcier des criminels condamnés qui, en échange de la vie et de la liberté, acceptent les fonctions d'exécuteur.


La prostitution et le proxénétisme
La législation la plus fréquente réprime les excès de la prostitution, mais la tolére parce que sa suppression pourrait causer de plus graves inconvénients que son maintien. Les femmes de mauvaise vie sont punies de la flagellation et le propriétaire de la maison qui aura donné asile à une prostituée est condamné à porter cette femme à son cou depuis sa maison jusqu'à la place du marché public. Seulement, les ribaudes ainsi poursuivies prennent souvent des allures de modestie et feignent à tel point les dehors des honnêtes femmes qu'on doit souvent défendre celles-ci contre les méprises et scandales que cette confusion produit...