Les militaires

Entretenir des hommes en armes coûte très cher.
C'est pourquoi, en temps de paix, on ne prend que le strict nécessaire pour le maintient de l'ordre. Un noble avisé sait quand il faut se restreindre et lorsque l'on peut se permettre d'afficher une plus grande force militaire. D'autant que la formation de véritables soldats aguerris prend du temps et de l'argent. C'est donc un investissement réfléchi qu'il faut bien considérer.
Il arrive cependant qu'un seigneur lige réclame de ses vassaux, une levée d'armes, pour partir en guerre contre ses ennemis.

Levées d'armes

C'est durant une levée d'armes que l'on recrute le plus d'hommes capables de se battre. Car l'objectif à court terme est d'entrer en guerre. Cela s'effectue en fonction des moyens dont dispose le vassal concerné (en calculant un pourcentage de pertes estimées qui n'auront sans doute jamais leur solde et qui font office de "bonus", de premières lignes). Tout seigneur ou chevalier n'a pas forcément les mêmes moyens que son voisin, ni le même nombre de vassaux. Ce qui fait qu'une levée d'armes n'en n'équivaut pas à une autre.

Une fois la guerre terminée, les armées sont généralement dissoutes en grande partie, voire totalement. Car elle sont coûteuses à entretenir. Seul le Roi, disposant de l'appui des taxes de l'ensemble du Royaume, peut se permettre de maintenir une armée régulière et puissante. Extrêmement coûteuse à la couronne, l'armée royale assure la domination du Roi et dissuade, presque toujours, tout seigneur ou comte trop ambitieux.


Les différentes fonctions militaires

Tous les militaires ne sont pas nobles. Loin de là. Une grande partie de l'armée, plus de 90% en fait, est constituée de roturiers. Entraînés et formés au combat, ces hommes rassemblés sous la bannière de leur seigneur lige ont pour devoir d'obéir à ses ordres, de respecter la loi et de la faire appliquer, dans les limites de leur petite autorité.

Sergent :
Généralement affecté au poste de la garde d'une ville ou d'un village, le sergent est l'autorité militaire non noble la plus haute. Il ne doit de comptes qu'à son seigneur lige et ne peut opérer que sur les terres de ce dernier.
Il dirige la milice, les sentinelles et les archers qui lui sont affectés, pour le maintient de la paix auprès de la population. Il a le droit de placer au cachot tout contrevenant à la loi, dans les limites de cette dernière et en cas de nécessité exceptionnelle pour la sécurité de la dite personne ou de son entourage.

En cas de levée d'armes, le sergent formera au sein d'une caserne prévue à cet effet, les troupes destinées à rejoindre le seigneur lige à la bataille. Lui seul (avec les conseils éventuels d'un Maître d'armes) sera apte à former la bleusaille et à organiser le quotidien de la milice.

Maître d'armes :
En temps de paix, le Maître d'armes forme prioritairement son seigneur lige au maniement des armes et de la guerre, à pied, comme à cheval. Les services d'un Maître d'armes disponible peuvent être loués par un noble qui encourt un duel judiciaire, pour recevoir des astuces, une aide tactique, ou une mini formation qui pourraient bien lui sauver la vie, si le noble les applique bien.

Le Maître d'armes forme aussi les soldats au combat, dans une caserne prévue à cet effet, si le seigneur lige le demande ou si les impératifs de la guerre exigent une levée d'armes.
Il veillera à former, en assistant le Sergent, les soldats en devenir.

Porte-étendard :
Soldat de métier qui a fait ses preuves, le porte-étendard reçoit l'insigne honneur de porter les couleurs de son seigneur à la bataille, lors d'une rencontre ou d'une sortie officielle, ou lors d'un déplacement en grande pompe.

Lancier :
Le lancier est un homme méritant, qui allie autant que possible : une certaine dextérité au combat, une certaine autorité pour mener les hommes au combat, et une bonne dose de débrouillardise sur le terrain.
Ayant le droit de monter à cheval, il pourra, si son seigneur en a les moyens, monter un destrier de guerre non caparaçonné. Armé de sa lance, ce sera une force vive et difficile à atteindre en combat rapproché.

Archer / Arbalestrier :
L'archer est le troupier de base le plus facile et le moins couteux à former. C'est aussi le moins bien considéré par la noblesse. Le moins bien payé également. Protégé faiblement, il pourra servir à divers postes, tant au sein d'une lance qu'à la garde d'une muraille, d'une tour, ou de tout site à protéger. Il servira aussi à chasser le gibier en cas de déplacement de l'armée, pour nourrir le camp. L'arc est une arme pratique qui a fait ses preuves en temps de guerre et qui ne peut être ignorée. Mais c'est une arme mal considérée par la noblesse, car elle peut avoir la chance de tuer un chevalier méritant, à distance, et à l'abri de tout danger.

L'arbalestrier a foncièrement la même fonction que l'archer mais son équipement est bien plus cher, l'arbalète étant une arme lourde et complexe, nécessitant un travail fin. Ce qui fait que généralement, on protège mieux les porteurs de telles armes. Pas parce qu'on les considère, loin de là. Mais pour éviter de perdre du matériel onéreux bêtement. Au vu de l'aspect financier important de ce type de troupier, on cherchera généralement à se rabattre sur des archers, que l'on pourra avoir plus massivement.
L'arbalète est si puissante qu'elle peut désarçonner un chevalier en plate sur son destrier, le tuant d'un coup sec. Ce qui en fait le troupier le plus détesté de la noblesse. Paradoxalement, et pour maintenir la peur de toute rébellion, le roi se paie le luxe de tels hommes, capables d'abattre ses rivaux en cas de nécessité. C'est avant tout une troupe dissuasive.

Coustillier :
Le coustillier est un homme formé au combat rapproché. Capable de manier le bouclier et une lame, il ne portera cependant pas d'épée, qui est le symbole même de la chevalerie et de la noblesse. Seules les lames courtes lui seront autorisées, le gardant en défaveur de la portée d'une véritable épée ou d'une arme de guerre à deux mains.
Un bon coustillier sera capable de rentrer dans la défense de son adversaire et de chercher la faille pour lui administrer le coup de grâce. Ce qui nécessite un certain courage de la part de ces hommes, efficaces en cas de bagarre.

Sentinelle : Armée d'une arme d'hast, destinée à pouvoir repousser ou tenir à distance des fauteurs de troubles, la sentinelle a comme nom plus commun, celui de "garde". Car généralement, elle "garde" quelque chose, un lieu, une entrée, une demeure. Veillant de jour comme de nuit, se faisant relayer par d'autres sentinelles à tour de rôle, ce "garde" n'a pas forcément de formation extrêmement longue au maniement des armes.
Les sentinelles ont un rôle parfois ingrat. Comme celui de rester éveillé, généralement debout, de nuit, dans un endroit parfois froid. La sentinelle peut avoir été placée là pour diverses raisons. Désignation, tour de garde obligatoire parmi ses compagnons de caserne, punition à devoir faire le "piquet"... on ne sait donc jamais réellement qui l'on peut avoir en face de soit. Et pour accentuer cette appréhension de risquer quoique ce soit avec de tels hommes, ils portent un équipement officiel et dissuasif en plus d'avoir le droit de faire appel à la milice, en cas de problème.

Milicien :
Le milicien est un homme du peuple, payé pour maintenir l'ordre. On choisit généralement les plus costauds, et si possible, les plus loyaux pour de tels postes. Car le rôle de la milice, est de maintenir l'ordre. Que ce soit en ville, dans un village ou même dans une caserne militaire (parfois, ils sont appelés quand une bagarre éclate).
Armés de boucliers et d'armes contondantes en bois, leur nombre fait souvent l'effet escomptés et les affrontement tournent souvent en leur faveur. Faire éclater une bagarre générale dans une taverne est un bon moyen de voir débarquer rapidement la milice, qui ne fait pas dans la dentelle. Gare aux bobos...

Conscrit :
Homme inexpérimenté, tout juste recruté et n'ayant pas eu de formation complète, le conscrit est de la piétaille peu chère et bien souvent, de la chair à canon de première ligne.
Il est déjà arrivé de voir charger des conscrits sans la moindre pièce d'armure, la fourche à la main, en véritables paysans. Bien souvent, les seigneurs comptent sur une part de conscription comme forme de "soldats gratuits", vu qu'ils ne reviendront probablement pas réclamer leur solde après la bataille, étant tués en première ligne...

L'armée royale
Foncièrement de la même composition que les lances, l'armée royale est, elle, maintenue en fonction, même en temps de paix. Ce, pour assurer la suprématie du Roi sur ses vassaux.
Armée la plus "officielle", elle fait partie des coûts les plus onéreux de la couronne.

Sénéchal :
Affecté à la capitale du royaume, ou à la ville la plus importante en cas d'invasion de la capitale, le Sénéchal est le plus fin stratège du Roi, son conseiller militaire en somme. En cas de guerre avec une puissance étrangère ou tout simplement avec un ennemi de la couronne, le Sénéchal prend le commandement des armées. Sans compter les vassaux et leurs armées, le Sénéchal est à la tête de plusieurs Sergents qui opèrent à Serinalia, la vaste Capitale. En temps de paix comme en temps de guerre, il lui incombe de gérer la garde personnelle du Roi et de veiller à leur sélection.